Andreas Auer répond aux questions de Cynthia Gani, Le Temps du 18 avril 2006
Votre projet de nouvelle constitution pour Genève est-il mort?
Au contraire, il avance, mais pour le moment dans les coulisses. Nous avons choisi la voie du Grand Conseil, et non celle de l'initiative populaire. Nous dépendons donc de la procédure parlementaire. Notre projet de loi a été déposé, la commission législative nous a accordé audience, mais elle est surchargée et on ne peut pas la brusquer. Alors, pour l'instant, nous sommes un peu coincés.
Comment les députés ont-ils accueilli votre proposition?
La commission semble acquise à l'idée d'une revision totale de la Constitution. Elle nous a chargé d'élaborer un budget afin d'évaluer combien coûterait l'opération de révision totale par une constituante.
Le nouveau gouvernement semble décidé à empoigner la réforme de l'Etat. Du coup, votre projet constitutionnel semble un peu dépassé...
Au contraire! Je suis de plus en plus convaincu de la justesse de notre approche. Dans les cirdonstances actuelles, avec un gouvernement activiste mais isolé, et un parlement d'une autre couleur politique, la nécéssité de réformer les institutions par la voie d'une constituante est encore plus évidente. Pour l'heure, le Conseil d'Etat n'a annoncé que des réformettes qui ne bouleverseront pas les institutions. Mais lorsqu'il voudra entreprendre des changements d'envergure, il butera forcément sur les limites de la Constitution actuelle. Comme chaque projet doit être déposé au parlement et soumis au peuple, les traditionnels blocages empêcheront le Conseil d'Etat d'aller de l'avant.
Le Conseil d'Etat vous soutient-il?
Nous lui avons demandé en février déjà un entretien pour lui expliquer notre démarche et coordonner ainsi nous efforts. Nous attendons toujours la réponse.
Au risque de tomber dans l'oubli...
L'eau va à la mer - les bonnes idées finissent toujours par s'imposer. Encore une fois: nous avons choisi la voie parlementaire, donc pour l'instant nous patientons. Mais si notre projet devait être dénaturé, ou ignoré, nous lancerons une initiative populaire. En attendant, nous envisageons diverses actions pour maintenir le feu.
Quelles sont les réformes que vous jugez urgentes et qui n'ont pas encore été entreprises par le gouvernement?
Aucune ne l'a vraiment été. Il faut réviser la façon dont le Grand Conseil et le Conseil d'Etat travaillent, ainsi que leur façon d'interagir. Il faut redéfinir les relations entre les communes et le canton, qui font l'objet de tant d'initiatives et de projets divers que seule une constituante peut y mettre de l'ordre.