Le 30 mai 2006 s'est tenu, dans les locaux de l'Institut national genevois, le premier "mardi de la constituante": orateurs: Jaques Vernet, Olivier Vodoz et Andreas Auer. Devant un public composé d'une bonne quarantaine de personnes, les trois intervenants ont fait le point de la situation dans laquelle se trouve le projet de loi 9666 lancé par notre association:
La commission législative semble dans l'ensemble favorable à notre projet, mais le traitement de ce dernier est retardé par les nombreuses initiatives qui ont la priorité. La commission soumettra son rapport au Conseil d'Etat dans le courant de l'été, en espérant que le Grand Conseil votera le projet cette année encore.
Le Conseil d'Etat semble acquis à l'idée que certaines réformes de fond sont inévitables, mais il est partagé sur la voie à suivre, Constituante ou Grand Conseil.
Pour Jaques Vernet, l'idée de la Constituante s'impose, car le Grand Conseil n'a pas été en mesure de mener à bout la réforme de nos institutions. C'est à tort que l'on a supprimé en 1993 l'ancien article 180 de la Constitution, qui obligeait les autorités à soumettre au peuple tous les 15 ans la question de savoir si une révision totale de la Constitution devait avoir lieu; en cas de réponse affirmative, la révision devait être entreprise par une Constituante. Notre projet tend à faire revivre cette disposition. Parmi les questions qu'il s'agit de revoir figure notamment la succession, dans un délai d'un mois, des élections du Grand Conseil et celle du Conseil d'Etat ainsi que l'abérration qui veut que, pour être élu au Conseil d'Etat, 1/3 des voix suffit pour être élu au premier tour.
Olivier Vodoz rappelle son expérience des votations qui ont conduit à l'adoption des dispositions constitutionnelles portant sur le droit au logement et l'énergie, notamment, et exprime sa compréhension des craintes que ces acquis soient remis en question. Il s'agit aussi de redéfinir les valeurs fondamentales de notre société et de combattre la crise de légitimité et d'autorité qui s'est installée depuis quelques années.
Andreas Auer rappelle qu'il ne peut être question d'un simple toilettage de la Constitution actuelle. Il présente ce que pourraient être les dix grands chantiers de la Constituante: les institutions, les rapports Ville - Etat, les rapport communes - cantons, le régime financier, les droits populaires, les droits fondamentaux, les relations Eglises - Etat, les établissements publics, la copération transfrontalière et les rapports Etat - société civile (voir le billet "Les dix grands chantiers de la Constituante").
Le public pose de nombreuses questions, notamment sur la possibilité des députés de se faire élire à la Constituante, sur le nombre des membres de celle-ci, sur la position du Conseil d'Etat et sur les leçons à tirer de l'expérience des autres cantons.
L'assemblée est déterminée à poursuire le débat sur tous les fronts pour faire aboutir notre projet, le cas échéant en lançant une initiative populaire.
Le prochain "mardi de la Constituante" aura lieu le 27 juin 2006, à l'Institut national genevois, 1, Promenade du Pin, 1201 Genève, à 19h30: le Conseiller d'Etat Pascal Corminboeuf nous fera part de l'expérience réussie de la Constituante fribourgeoise dont il a été le moteur. Venez nombreux !